Par Aumônecaté
« Parabole du riche et du pauvre Lazare ».
Nous le savons, l'Évangile est bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux petits, aux mal-aimés, aux marginalisés, aux exploités... Et il se présente, en revanche, comme « mauvaise nouvelle » pour ceux qui n'ont pas de pitié pour leurs frères, ceux qui refusent d'aimer et de partager, ceux qui ne veulent pas être solidaires...
Comme souvent, Jésus part de ce qu’il voit. De son temps, comme au temps du prophète Amos, l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté. Et de nos jours, cela n’a pas changé. Dieu ne peut tolérer cette situation dramatique. Le pauvre est son enfant bien-aimé. Le nom de Lazare signifie « Dieu aide ». Le riche n’a pas de nom. En fait, c’est une manière de dire qu’il peut être chacun de nous.
La richesse peut être bonne en soi. Mais elle peut devenir un péché quand elle rend sourd et aveugle. Le péché du riche, c’est d’avoir transformé la clôture de son rang social en frontière infranchissable à l’autre. Il n’a rien fait de mal. Son problème, c’est qu’il n’a pas vu. Ses richesses lui ont fermé les yeux, bouché les oreilles et fermé le cœur. Du coup, c’est lui, le riche qui se trouve enfermé ; c’est lui qui est prisonnier ; c’est lui qui est aliéné par sa richesse.
Et c’est dramatique, la Parole de Dieu est claire, c’est son avenir éternel qui est en jeu. Il n’y aura pas de séance de rattrapage ; un jour, il verra clair parce que la mort lui aura enlevé les richesses qui l’aveuglaient. Ce jour-là, il ne pourra plus repartir à zéro. L’Evangile nous parle d’un grand abîme entre lui et Lazare. Cet abîme infranchissable, c’est lui, le riche, qui l’a creusé. Cette solitude dans laquelle il se trouve, c’est lui qui l’a organisée. Il s’y est complètement enfermé. Maintenant, personne ne peut rien pour lui.
Oui, il y a un grand abîme entre les favorisés de la terre, auxquels appartiennent une grande partie de nous, les Occidentaux, et les pauvres de la terre... Il y a un grand abîme entre la vie assez confortable que beaucoup d'entre nous nous menons, et la détresse épouvantable de tant d'autres enfants de Dieu. Alors que faire pour combler cet abîme ? Que faire pour que nous, les riches (on est toujours plus riches que d'autres...), nous ne nous retrouvions pas un jour au séjour des morts en train d'appeler Abraham au secours, avec Abraham nous répondant : « Mon enfant, tu as déjà reçu le bonheur pendant ta vie... » ?
Nous ne devons pas attendre qu’une apparition vienne nous dire qui est Lazare et où le trouver. Il est à notre porte, même s’il habite à l’autre bout du monde. Si nous ne le voyons pas, c’est que nous sommes aveuglés. Le Christ est là pour nous accompagner car il sait bien que c’est au-dessus de nos forces personnelles. Cet évangile est donc pour nous un appel pressant à nous convertir.
Jean-Louis Gastineau diacre
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