Par Aumônecaté
Troisième dimanche du Carême
Quel temps et quelle énergie ne gaspillons-nous pas à chercher des coupables, des raisons, des justifications alors que des victimes, des jugés collatéraux se meurent ? Sans vouloir certainement prôner l'impunité, les textes liturgiques de ce troisième dimanche de carême nous proposent de nous pencher circonstanciellement sur la réalité des victimes dans un double sens : victime des autres et victime de soi-même.
La 1ère lecture présente un Dieu préoccupé au premier degré du sort des gens au bord du précipice que des gens à l'origine du malheur de leurs semblables.
J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel".
La mise en garde de saint Paul dans la deuxième lecture vise à épargner chacun d'entre nous d'être victime de son endurcissement ou entêtement.
Ces événements devaient nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l'ont fait ces gens-là.
L'évangile met en avant l'acquittement par Jésus des Galiléens massacrés par Pilate, ou encore des personnes tuées par la tour de Siloé.
"Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout!"
"Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout!"
Somme toute, la vie mérite toujours et d'abord d'être épargnée que d'être poursuivie en vue d'être punie. Dans cette perspective, la vie est à privilégier pour les victimes. Et pour les coupables, le laps de temps ou mieux la PATIENCE est à accorder pour une chance de rachat. En tous les cas, le salut d'une vie requiert la primauté absolue.
Très certainement que la voie d'une telle considération ou vie est celle décrite par la dernière strophe du psaume concernant Dieu :
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint.
Père Sylva G. COMPAGNY, eudiste.
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