Par Aumônecaté
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
Quel est le grand commandement ?
Cette question, du point de vue de l'évangéliste et de nous lecteurs, est malveillante ! C'est un attrape-nigaud relevant d'une mauvaise disposition et exprimant une hostilité manifeste. Au fond, l'objectif du légiste - un connaisseur de la loi - en posant cette question est tout uniquement de mettre Jésus dans une impasse, le confondre, le ridiculiser, le désavouer.
Paradoxalement Jésus saisit l'occasion pour donner une démonstration de sa maîtrise et compréhension de la Parole de Dieu qui se résume en L'AMOUR DE DIEU ET L'AMOUR DES HOMMES, un Amour à déceler au travers de son attitude et de sa réponse au docteur de la loi.
D'abord, sa réponse n'est pas simplement énonciative : elle est d'abord vie. Jésus enseigne ce qu'il est et vit. L'on notera qu'il ne récuse pas le titre - MAITRE - que lui reconnaît ironiquement le légiste : il l'assume, d'ailleurs de la meilleure des façons, donnant une synthèse inattendue de la Loi et des Prophètes. Jésus est un Maître à la rescousse d'un autre maître désarçonné et perdu (dans l'amour bien sûr !). L'Amour est cette capacité à éclairer les autres pour les ramener sur la bonne voie - voix. Pour cela, il faut oser affronter en amont les possibles ironies sans se dérober.
Ensuite, dans sa réponse,, Jésus ne cherche ni à jouer au fourbe ni à confondre son interlocuteur. L'évangile nous le présente qui, sans être dupe, répond vrai, serein et respectueux. Le ton ne laisse aucun espace à la polémique. L'Amour est une vie (existence) enracinée dans la vérité, la sérénité et le respect. L'amour, en effet, ne rabaisse pas, ni n'accable : il éclaire, fait comprendre et avancer.
Après tout, ce légiste ne serait-il pas un "immigré" dans la sphère de l'amour que Jésus puisse en prendre soin ? Ou encore, ne serait-il pas un veuf et/ou orphelin de l'amour vrai mais perdu, que Jésus devait se garder d'accabler ou opprimer ? (cf. 1ère lecture). En tous les cas, l'attitude de Jésus, à la fois de vérité, de sérénité et de respect à l'égard de ce légiste dissimulateur, a concouru à son bien. Aimer, c'est se comporter pour le bien de l'autre (cf. deuxième lecture).
En agissant de la sorte, Jésus synthétise bien en actes la Loi et les Prophètes : il apprend comment aimer en vérité. Aimer Dieu consiste à accomplir par et dans sa vie, la Volonté même de Dieu. Aimer son prochain, c'est se comporter pour son bien, même si parfois il a une disposition inadéquate.
Sylva G. COMPAGNY Eudiste.
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