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Dimanche 20 septembre

25 ème dimanche du temps ordinaire

« Qui est le plus grand ? »

Qui aurait le courage, en notre temps, de lancer de telles apostrophes à ses contemporains ? Qui aurait l’humilité et le courage de recevoir, de consentir à les entendre ? Une fois encore, nous les chrétiens d’aujourd’hui nous devons constater que nos manières chrétiennes sont devenues bien douces et bien convenables, et nous demander si c’est vraiment un progrès. Ou bien serions-nous devenus des petits saints ?

D’où proviennent cette insécurité de nos villes, quartiers et… ces « affaires » qui fleurissent dans des milieux de bonnes fréquentations ? D’où provient cette frénésie de paraître, et cette énorme masse d’indifférence et d’égoïsme ? Des autres ? Nos prières sont-elles bonnes. Qu’est-ce qui ne va pas ? Qui est le plus grand ?

Dans toutes ces manifestations, il y a une irrésistible ambition humaine ! Notons que tout n’y est pas forcément mauvais : ne devrions-nous pas avoir une formidable ambition pour le Royaume de Dieu, pour notre propre sainteté véritable ? Rien de pire, nous dit l’Apocalypse, que les tièdes (Ap 3, 15-16)

Toute la question est de savoir où nous plaçons notre ambition, sur quel plan, pour quel objet ?

Ce qui rend sordide la discussion des disciples, c’est qu’ils se soucient non pas d’être grands dans le Royaume, mais de savoir lequel d’entre eux est le plus grand.

Ils discutent de cela au moment où Jésus leur fait part du destin tragique qui va être le sien.

Rien à voir avec ce que Jésus va leur recommander : devenir comme des enfants.

Nous sommes déclarés adultes, nous nous conduisons comme des mômes pris en faute ! Nous sommes directeur ou professeur, prêtre, médecin, technicien ou spécialiste agricole ou député… mais nous sommes des mômes ! La sagesse consiste à le reconnaître, à l’admettre, et à transformer cette faiblesse en force pour le Royaume. Car celui-ci appartient aux enfants, aux sages, aux saints.

L’enfant, dans le Proche-Orient du temps de Jésus, n’a pas d’existence sociale, il ne compte pas, jusqu’à ce que l’adolescent israélite soit admis parmi les hommes.

Le même mot païdion peut signifier petit enfant ou petit serviteur, jeune esclave…

On comprend donc l’emploi que Jésus va en faire pour donner une leçon à ses Apôtres, futurs « cadres » de son Eglise ! « Oui, leur dit-il en substance, oui vous serez premiers, mais pas au sens des hommes : premiers  dans le service, dans l’amour, dans le don de vous-mêmes aux autres ! Comme moi, qui ne prends pas la route d’un messie triomphant, la route du Messie Serviteur, tel que l’annonçait le prophète Isaïe, moi qui vais être humilié, battu, rejeté, mis à mort…(Mat 12, 15-21), et tout cela pour vous , pour les hommes, mes frères » .

  1. Orlando Bueno V Eudiste
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