Par Aumônecaté
2ème dimanche de Carême
TRANSCENDANCE et TRANSFIGURATION 
Nous savons bien que Dieu est un Dieu proche. C'est bien là ce qui nous touche, le propre du christianisme : en Jésus, c'est Dieu qui marche sur nos chemins, Dieu qui a faim et soif, Dieu qui mange avec les pécheurs, Dieu qui pleure la mort de son ami Lazare, Dieu qui parle, Dieu qui guérit, Dieu qui aime ...
Mais pour autant, il ne faut pas oublier que Dieu est Dieu, qu'il est le Tout-Autre, le Maître de la vie, le Seigneur du ciel et de la terre.
C'est peut-être le sens de la transcendance qui manque à notre foi. Dieu est devenu pour beaucoup de « croyants » un élément du paysage culturel, une idée gentille, un appel à aimer. Mais Dieu est beaucoup plus que cela !
Si le Seigneur s'engage dans l'histoire des hommes, cela signifie qu'il y engage sa puissance créatrice, l'infini de son amour, la splendeur de sa beauté. Il ne s'agit pas de trembler devant un Dieu vengeur qui écraserait sa créature. Être chrétien, c'est m'émerveiller devant la bonté infinie de mon Dieu, qui vient à la rencontre de la pauvreté de ma vie de pécheur, c'est être ébloui par le resplendissement de sa gloire dans l'humilité.
Si Dieu fait alliance avec les pauvres hommes que nous sommes, c'est avant tout pour nous faire grandir. Car l'amour vrai fait grandir l'autre. Dieu donne tout et il attend de nous une foi qui donne tout. La passion aimante que Dieu nous porte a soif d'être partagée.
L'attitude d'Abraham qui va jusqu'à lever un couteau sur son fils unique nous choque peut-être, car Dieu n'a que faire des sacrifices humains ... En fait, ce qu'il attend d'Abraham c'est une foi sans faille, une confiance en lui telle que jusqu'au bout, me semble-t-il, Abraham sait que Dieu ne veut pas l'irréparable parce qu'il a une foi absolue en Lui.
Jésus, sur le chemin de sa passion, manifeste sa gloire devant Pierre, Jacques et Jean. Il dévoile un instant le destin de toute chair sauvée par la croix. Car notre destin, c'est la gloire de Dieu partagée qui mystérieusement nous habite depuis le jour béni de notre baptême. La splendeur infinie de la beauté de Dieu demeure en nous. L'homme est devenu depuis Pâques le Temple de la Sainteté de Dieu.
Nous sommes faits pour la Transcendance, ne l'oublions jamais. C'est là la noblesse de l'homme, sa valeur insurpassable. Le plus humble, le plus oublié des malades ou des prisonniers, c'est pour la foi, la présence du Dieu de gloire au milieu de nous. Et le Carême nous est donné pour redécouvrir combien Dieu rend l’homme grand et beau !
Père Roger KANGA, cjm Curé-Modérateur
Dessin de Jean-François KiefferPublier avec l'aimable autorisation des Presses d'Ile de France
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