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Aumônerie de l'hôpital de Nevers : « Bonjour Pères. Juste quelques lignes pour vous remercier de l’appel diffusé dans la Feuille de semaine, concernant les sur-blouses pour l’hôpital de Nevers. Merci pour la lecture des témoignages pleins de force et des réflexions de bon sens figurant au sommaire, ainsi que pour le partage visuel des autels à l’église et à la maison comme aux premiers temps du christianisme ! Pendant tout le temps de ce « confinement » (auquel je n’étais tenue que le week-end, puisque les aumôniers restaient en mission sur leur lieu de service), j’ai parcouru la distance maison-hôpital à pied, à l’aller et au retour. Presque 7 km peut-être, quotidiennement. Je n’ai pas d’auto, c’est un choix. Les autobus ne passaient plus ou de manière très aléatoire. Puisque j’avais l’habitude de toujours rentrer de l’hôpital à pied –la marche permet une méditation que les philosophes grecs et notre Christ connaissaient bien, et elle permet aussi une « décantation » salutaire car le vécu hospitalier et l’émotionnel sont choses douloureuses, et il faut bien trouver moyen de renouveler sa limpidité intérieure afin de rester forte pour autrui !- eh bien, j’ai ajouté l’aller à pied. Bref le « confinement » m’a permis de goûter aux joies de la Création comme jamais dans un contexte urbain : un air purifié (ce fut la première fois, en vingt ans, de pouvoir sentir le parfum des jonquilles en plein centre-ville à Nevers et de ne plus avoir à se masquer le nez au passage des motos et autos !), des mésanges faisant halte sur le rebord des fenêtres (l’immeuble où j’habite est bâti au bord d’une grande artère), le beau silence pépiant et bruissant de la nature en vie (au lieu du vacarme infernal de la circulation automobile). J’espérais que ce retour au bien-être ferait réfléchir et qu’une fois le « déconfinement » en place, les mauvaises habitudes (de vrais poisons, au moins aussi néfastes que le coronavirus, et certainement bien plus) seraient en repli. Au matin du 11, je sus qu’un retour à la « normale » d’avant était à l’œuvre, hélas ! Aujourd’hui mardi, prête avant l’heure d’un bus, j’ai décidé de prendre le chemin de l’hôpital à pied, car il fait si beau ! La traversée de bout en bout de mon avenue puis de la rue Saint-Benin fut un cauchemar : trafic automobile incessant, odeurs d’hydrocarbures, tumulte… Le contraste avec la période de « confinement » est vertigineux ; j’emploie ce mot aussi parce que je ressens un malaise qui relève du vertige ; il faudra un temps de réadaptation du nez et de l’ouïe à toutes les laideurs de notre société.

 

: « J’ai pensé, lors de ma progression vers l’hôpital, au début du Livre de la Genèse –à mes yeux, la plus belle poésie qui soit- et au texte de Laudato Si’ (que mes amies du Carmel de Terre Sainte m’avaient demandé, à l’époque, de commenter en lien avec le regard de sainte Marie de Jésus Crucifié, la petite carmélite palestinienne). J’avais envie de pleurer. Arrivée à l’aumônerie du Centre hospitalier, j’ai imprimé votre envoi du 17 mai pour le lire plus aisément et j’y trouve vos questions reprenant l’alerte lancée par le pape François. J’ai eu envie de répondre. Le Seigneur puisse-t-il inlassablement nous baigner de sa lumière et nous préserver du mal. Allons ensemble à la montagne, en Galilée, nous prosterner et écouter. Les fruits de la terre –dont nous sommes aussi- ont besoin d’eau pure et d’un souffle assaini pour croître ensemble dans le Christ. Bonne semaine et belle Ascension. Très cordialement.

(Farah-Angélique, aumônier)

 

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